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Bootcamp Storytelling


Pratiquer tout en s’amusant

En ce Happy Friday, je vous propose un Bootcamp sur le Storytelling. Pour ceux qui découvrent  le terme Bootcamp, il s’agit d’une suite d’exercices permettant d’aiguiser par la pratique un comportement bien précis. Le Bootcamp qui suit s’adresse donc aux personnes souhaitant améliorer leurs aptitudes à raconter des histoires passionnantes. Pour les nouveaux arrivés, je recommande la lecture de l’article sur l’art de raconter des histoires passionnantes.

Prenons conscience que dans notre vie quotidienne, nous racontons deux types d’histoires :

  • Les histoires que nous avons déjà racontées.
  • Les histoires que nous décidons d’improviser.

Il est plus difficile d’improviser une histoire passionnante que de rendre passionnant une histoire que nous avons déjà racontée. Ce qui est évident puisque pour le second cas, il est facile de se remémorer la suite des événements.

Pour pratiquer ce Bootcamp, il est donc recommandé au départ de se servir d’histoires dont vous maitrisez la description des faits. Les histoires les plus compliquées ne sont pas obligatoirement les meilleures. Il est aussi quasiment indispensable de pratiquer ce Bootcamp à deux personnes.  Il n’est pas très difficile de trouver dans son entourage une personne motivée à s’améliorer dans ce domaine. Et de plus, cela permet quelques bons fous rires.

Introduction : Le squelette d’une histoire

Tout d’abord, il va falloir trouver deux ou trois histoires pour vous exercer. Je vous encourage à les écrire sur un Word ou sur un papier. Ecrire une histoire, c’est multiplier par trois ses chances de mieux s’en souvenir.

Toute histoire intéressante a le même squelette :

Il y a d’abord la situation initiale. C’est dans cette étape que le conteur met en place le décor, le ou les personnages principaux intervenants. Cette étape est importante pour planter  le décor, l’ambiance mais aussi le ressenti initial du (ou des) protagonistes

C’était samedi dernier. Je m’étais rendu à une soirée d’une copine que je n’avais pas vue depuis longtemps. J’arrive et bien évidemment, je ne connaissais personne. Je m’installe alors dans le canapé et discute avec mon voisin de droite. On trippait bien.

Ensuite, il y a l’élément perturbateur ou modificateur. Dans cette étape, il s’agit du moment où le cadre initial change pour une raison lambda. C’est l’occasion pour attirer l’attention sur votre histoire. Sans cet élément, l’histoire n’aurait pas sa raison d’être.  Il peut être intéressant de faire une petite pause dans votre narration pour amplifier le mystère. Si vos auditeurs ont l’air stupéfait et vous demande la suite de l’histoire, c’est que votre élément perturbateur était convaincant.

Et à ce moment précis, il y a un mec complètement beurré qui se présente devant moi et me dit : « Toi, je te connais, t’es le mec qui se tape ma meuf !

Les péripéties. C’est durant cette étape qu’il est intéressant d’ajouter des détails émotionnels par rapport aux différentes péripéties qui s’y produisent. Cette étape est en théorie le moment où les actions et réactions s’enchainent.

Je tente de démentir le fait en lui disant que je suis actuellement célibataire mais il ne veut rien entendre. Il me fixe, droit dans les yeux. Un silence gênant s’installe dans toute la pièce. Il me saisit par le col et me dit : Tu veux te battre ? J’essaie à toute fin de le raisonner mais il ne prête aucune attention à ce que je lui dis. Il brandit son poing…

Elément de résolution . C’est la partie de la narration où un événement précis clôt les péripéties. Il ne résout pas obligatoirement  la problématique de l’élément perturbateur.

D’un coup, il s’effondre par terre… et ne bouge plus. Drôle de type…

Situation finale.

Je me rassois et reprends la discussion avec mon voisin comme ci de rien n’était.

Bootcamp :Exercices pratiques

Exercice 1 : Se débarrasser de tous gestes parasites.

Préparation : Avoir au moins une histoire dont vous maitrisez la narration

Les gestes parasites sont là en fait pour attirer l’attention des autres sur vous. Un bon storyteller n’a pas besoin d’attirer l’attention sur lui du moins pas pendant qu’il raconte l’histoire. Cet exercice est simple, vous allez devoir raconter votre histoire sans faire de geste inutile. La quasi-totalité des gestes parasites se font par les mains mais on peut aussi détecter des tics récurrents sur le visage.

La personne qui vous écoute se chargera de discerner les gestes utiles des gestes inutiles. Si vous utilisez la gestuelle pour raconter vos histoires, vous devez vous mettre dans la peau d’un chef d’orchestre. Comme-ci vos gestes indiquaient le rythme de l’histoire. En général, nous utilisons des gestes lents et harmonieux pour une description, des gestes brusques pour des événements soudain. Mais retenons toujours une chose, moins il y a de gestes, plus leurs effets sont amplifiés.

Note : Il est possible de s’entrainer à cet exercice tout seul devant un miroir. Regardez-vous dans les yeux, cela vous donnera l’impression d’avoir un auditeur

Exercice 2 : Switcher sur plusieurs tonalités.

Préparation :

  • Au moins une histoire dont vous maitrisez la narration.
  • Choisir les tonalités possibles avant la pratique de l’exercice.

Toute histoire est bien plus intéressante quand vous savez l’adapter à votre audimat. Quand bien même vous voulez raconter une anecdote intéressante, il faut savoir l’adapter au ton de la soirée ou du contexte. Si vous racontez une histoire sur le ton de la colère alors que l’ambiance est festive et chaleureuse, votre histoire ne fera pas mouche.

L’exercice à pratiquer est le suivant. Votre  auditeur choisi une tonalité pour votre histoire. Vous allez devoir l’adapter. Certains détails seront à retirer de votre histoire tandis que vous allez peut-être en rajouter pour créer l’effet souhaité. Mais dans l’ensemble, il faut que l’anecdote reste la même

Proposition de tonalités différentes :

  • Humoristique. Votre but ici est de faire rire votre audimat. Vous allez devoir donc exagérer certains comportements et les tourner en dérision. Pour vous donner un exemple, il y a Jean Marie Bigard qui maitrise l’art d’exagérer les choses. A adapter avec votre style…
  • Tonalité sur le scandale. Votre histoire ici aura pour but de provoquer chez l’auditeur un sentiment de révolte par rapport à votre anecdote. Cela pourrait ressembler à la tonalité humoristique (se servir des exagérations) mais avec un ton bien plus sérieux.
  • Le donneur de leçon. Votre histoire devra ici se transformer en un enseignement important sur la vie. Pour illustrer, imaginez vous êtes le père de l’auditeur. Votre histoire doit donc faire passer un message à l’interlocuteur.
  • Pathétique. Ici, il va falloir faire ressentir à votre interlocuteur l’apitoiement sur le protagoniste ou la situation.

Cela peut vous paraitre impossible. Prenons l’exemple d’une histoire d’un rendez vous raté par un dénommé Eric.  Cette histoire peut-être humoristique dans le sens où Eric fait preuve de maladresse ou tout simplement n’a pas de chance avec la demoiselle. Mais cette histoire peut être racontée d’un point de vue scandaleux car la demoiselle se montre impitoyable avec Eric. Aussi, cette histoire peut-être aussi le moyen de donner une leçon à votre auditeur pour démontrer les choses à ne pas faire lors d’un rencard. Et finalement, le conteur peut créer de l’apitoiement chez l’auditeur par rapport à  malchance d’Eric.

Petit rappel : Quand vous passez d’une tonalité à une autre, le ton de l’histoire change (logique). Mais rappelons-nous qu’il ne faut pas expliciter les émotions que nous voulons faire ressentir. Interdit donc de pleurer pour donner une tonalité pathétique à une histoire, tout comme il est interdit de rire de ses propres histoires drôle.

Exercice 3 : Improviser sur des mots qui n’ont aucun rapport avec l’histoire

Préparation :

  • Une histoire dont vous maitrisez la narration.
  • Prendre un dizaine de bout de papier.  L’auditeur de l’histoire écrit une dizaine de mots au hasard.

Encore une fois, vous racontez votre histoire tranquillement et votre auditeur choisit une feuille sur lequel est écrit n’importe quel mot. Vous avez alors 10 secondes pour réussir à la placer dans votre histoire de façon cohérente.  L’histoire ne doit être en aucun cas modifiée.

Cet exercice est un bon début pour commencer à améliorer son talent d’improvisation. Quand nous racontons une histoire que nous n’avons jamais racontée auparavant, nous avons tout de même un schéma de déroulement des évènements dans notre tête. Mais il est fréquent que nous oublions de rappeler un détail qui amplifie l’intérêt de l’histoire. Il va donc falloir intégrer ce détail au plus vite dans votre histoire sans pour autant perdre le contrôle de la narration. Cet exercice vous permet de rester concentré sur deux aspects différents de votre histoire .

Exercice 4 : Switcher entre action et description

Préparation :

  • Bien faire la différence entre le mode actif et le mode descriptif
  • Ici, il n’est pas obligatoire de choisir une histoire intéressante pour commencer. Choisissez des histoires simples et anodines pour commencer

Voila un exercice coriace, utilisé en improvisation. Vous allez raconter votre histoire tranquillement mais il vous sera interdit de switcher entre le mode descriptif et le mode action tant que votre binôme n’a pas claqué des doigts. Le mode action inclus toutes les réactions physiques des protagonistes mais aussi les réactions émotionnelles.

Les phases descriptives se conjuguent en général à l’imparfait. Les phases actives peuvent se conjuguer au présent, passé simple ou passé composé.

Exemple :

C’était samedi dernier. Il était environ 20 h. Le salon était rempli de monde. Aucune tête ne m’était familière.  L’ambiance était plutôt détendue.

Clac

Je ne connaissais personne et cela m’intimidé, je l’avoue. Je me suis alors approché de quelqu’un qui buvait son verre seul. Je l’interpelle et je me présente.

Clac

Il avait l’air content que quelqu’un l’accompagne dans sa solitude. Grand et brun, ses yeux démontraient qu’il n’avait pas bu que de l’eau. Au fur et à mesure que nous discutions, son visage s’illuminait petit à petit.

Clac

D’un coup, j’entendis quelqu’un m’interpeller. Je détournai mon regard de mon nouveau compagnon pour voir ce qu’il en est….

Et ainsi de suite…

Cet exercice permet d’épurer au mieux vos phases  « actions » et phases descriptives. Les personnes qui n’ont pas d’aptitudes particulières pour raconter des histoires switchent entre le mode descriptif et actif sans trop faire attention. La narration devient alors imprécise et les effets de l’histoire sont aléatoires et dépendent alors plus souvent des évènements racontés que du talent du narrateur.

Note : Cet exercice est assez compliqué à maitriser.

L’application de ces 4 exercices vous permettra à moyen terme d’augmenter votre concentration sur les aspects les plus importants de la narration d’une histoire. Il existe encore quelques autres exercices plus complexes pour améliorer son talent en storytelling. En tout cas, si vous avez des idées d’exercices complémentaires, n’hésitez pas à en faire part.

pratique

Parce que la théorie sans la pratique n’est que de la masturbation intellectuelle, jettez vous à l’eau!

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Cet article a été rédigé avec amour par Christophe
Ses 6 années de découvertes, de réflexions et pratique intensive lui ont permis de relever de nombreux défis : coach PNL certifié, diplôme d'une grande école, organisateur d'événements, créateur d'un nouveau modèle de la confiance en soi,... Il partage aujourd'hui ses réussites sur Surhomme.Fr en devenant le responsable du pilier dynamique de vie.
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Pour aller plus loin, quelques articles sur le même thème :

  1. Storytelling : Apprendre l’art de raconter des histoires passionnantes


  1. Adrien dit :

    Sympa le bootcamp. Cependant, pour la tonalité pathétique, y’a t-il un personnage (fiction ou réel) qui maitrise bien cette tonalité ?

  2. Chris dit :

    Bonne question!
    Quand je dis tonalité pathétique, je ne parle d’avoir l’air triste ou de pleurer lors de la narration de l’histoire. Il ne faut pas expliciter les émotions que nous souhaitons créer chez nos auditeurs.
    As tu vu le film « Lune de Fiel »? Le narrateur de l’histoire a une tonalité qui exprime un mélange de mélancolie et de nostalgie. Cela me semble bien adapté pour une tonalité pathétique ;-)

  3. [...] bien même vous n’êtes pas encore roder au Storytelling, si vousmaintenez l’attention jusqu’au bout, vous avez déjà fait une bonne partie du chemin [...]

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