Cela fait déjà 2 mois que l’aventure de surhomme.fr a commencé mais toujours aucun super pourvoir en vue. Il est temps de faire changer les choses. Et pour cela on va s’attaquer à une discipline vieille comme le monde : la dialectique, ou l’art d’avoir toujours raison. Le terme n’est pas vraiment “hype” mais le potentiel qu’il cache est des plus cools.
Parce qu’il serait inutile de réinviter la roue je commencerai cet article par un rapide tour d’horizon des techniques ancestrale de dialectique. La plupart sont détaillées dans l’une de références sur le sujet, le livre d’Arthur Schopenhauer : L’art d’avoir toujours raison. Instructif!
L’objectif principal de cet article sera de vous montrer qu’il est possible d’avoir raison alors que l’on a tort. La vérité objective est en effet rarement atteinte. Bien souvent ce sont les vérités subjectives les mieux exposées qui prennent le pas sur les autres. Et si apprendre à affirmer votre vérité ne suffisait pas, nous verrons comment détruire la réalité (ou plus précisément frame/contexte) de l’autre vérité qui vous fais front.Parce que finalement ce qui compte, ce n’est pas de savoir qui a raison… mais bel et bien de savoir qui aura le dernier mot.
Pour la deuxième partie de cet article, je vous ferai découvrir d’autres outils autrement plus puissants lorsqu’il s’agit d’avoir raison. Pour cela nous ferons appels à l’efficacité de la PNL. Mais pour suivre, aspirine et investissement de rigueur. Parce qu’après tout, des super pouvoirs, çà se mérite!
La dialectique est l’art de démonter une thèse adverse. En général ce procédé possède deux modes d’action différents :
Ce qu’il faut avoir à l’esprit pour chacun des stratagèmes dont nous allons parler est que vous ne chercherez pas à convaincre votre adversaire que vous avez raison, mais plutôt à le persuader que votre discours est plus cohérent que le sien. En effet lorsque l’on parle de dialectique, la raison n’a que peu d’importance pour emporter le dernier mot : seuls les apparences et les émotions sont véritablement efficaces dans un monde où l’approximatif est roi.
La persuasion est souvent de paire avec le pouvoir. Ne vous étonnez plus de rencontrer des décideurs aux talents prononcés pour la dialectique
Pas de liste exhaustive mais plutôt un condensé de techniques les plus couramment utilisées. Il est probable que vous ayez déjà eu recours à certains d’entre eux sans même avoir jamais entendu parler de dialectique. Petit tour du propriétaire.
1. Jouer sur les mots :
Un petit jeu de mots sert bien souvent à détourner l’attention et à changer de sujet. Les plus fréquents impliquent l’utilisation d’un homonyme.
Exemple :
Vous n’êtes pas encore initié aux mystères de la psychologie féminine.
Quand il est question de mystères, cela ne m’intéresse pas.
Efficacité : moyenne
2. L’anduche
Cette technique ne fait pas partie de l’enseignement “classique” de la dialectique. Elle est le détournement d’une approche des jeux de mots développé par un ami et ancien colocataire. On se rapproche du jeux de mots mais la structure et les objectifs sont différents. Une anduche réussie se base sur un rapprochement de deux idées sans lien de sens évident. Plus le lien est éloigné et difficile à trouver, plus l’anduche est réussie. L’objectif principal de l’anduche est de provoquer un blocage du cerveau. Note : les anduches sont rarement perçues par les néophytes, d’où leur charme.
Exemple :
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Tu veux dire l’ex-flUx R.S.S. ?
Efficacité : moyenne, mais divertissante pour les initiés.
3. Généralisez
Il suffit de prendre une affirmation posée dans un cadre précis et de la généraliser. L’intérêt étant d’inclure des cas particuliers où cette affirmation n’est plus vraie, discréditant ainsi la thèse adverse qui se concentre sur le cas particulier.
Exemples :
Certains hommes sont des macho.
Evidemment, c’est bien connu… Tous les hommes sont des macho.
Efficacité : moyenne.
4. L’induction
Faire admettre à son adversaire plusieurs cas particuliers où votre thèse est vérifiée, pour la valider dans le cas général par induction.
Exemple :
L’acier est un métal solide à la température ambiante. L’or aussi est un métal solide à la température ambiante. De même que l’aluminium, le bronze etc.. Donc, on peut dire que tous les métaux sont solides à la température ambiante.
Efficacité : moyenne.
5. Cachez votre dernière carte
Lorsque vous souhaitez faire admettre quelque chose à quelqu’un il est intéressant de procéder par étapes. Faite lui d’abord admettre les hypothèses préliminaires à votre conclusion. Continuez ensuite progressivement vers votre hypothèse finale. Le principe de humaine mis en évidence par Robert Cialdini, vous sera d’un grand secours. Difficile en effet de s’opposer à organiser une grosse soirée chez soi lorsque l’on déjà donné son accord pour passer un énorme soirée, que cette soirée doit réunir tous les gens que l’on aime bien, qu’elle doit se dérouler avant que tout le monde ne parte et que le seul appartement disponible est le vôtre…
Efficacité : bonne.
Avoir le dernier mot, c’est avant tout ne plus laisser de choix à son adversaire. Vous avez raison ou il a tort.
6. Noyez le poisson
Ce stratagème est probablement le plus utilisé en politique et pour cause. Il présente l’avantage de ne pas entrer en conflit direct (et donc perdre le moindre d’adhésion en route) sans prendre parti ni admettre la position adverse. Il permet de contourner le problème en le faisant disparaitre dans un nouveau flot de questionnement et de proposition inutiles.
Efficacité : bonne, mais ne vous permet pas d’avoir raison. Simplement de ne pas avoir tort, ce qui est déjà très pratique.
7. Utilisez l’antithèse
Il est de ces situations ou votre interlocuteur prendra un malin plaisir à refuser toutes vos propositions. L’idée de ce stratagème est donc de masquer votre position en lui présentant plusieurs thèses possibles ou de manière plus efficace, l’antithèse de votre proposition. Son opposition irai alors dans le sens de votre argumentation.
Exemple d’utilisation:
Aller dans le sens de votre adversaire. Poussez le à mettre lui-même sa thèse en contradiction. Il vous apportera finalement ce que vous cherchiez : avoir le dernier mot.
Efficacité : très bonne si votre double jeu n’est pas démasqué.
8. Jouez sur les nerfs de votre adversaire
L’objectif de ce stratagème est de remettre en cause la capacité de jugement rationnel de votre adversaire. Si celui-ci perd son calme il est très facile de discréditer tout son argumentaire. Le levier d’action est de jouer sur les émotions de votre adversaire. En général, il suffit d’appuyer sur un élément de sa vie dont il n’est pas fier et de le tourner en dérision. Ce stratagème est malheureusement encore trop souvent utilisé dans les engueulades de couple où l’enjeu affectif est important et donc la déstabilisation aisée.
Exemple :
Sachant que notre interlocuteur a déjà été condamné pour un délit au criminel ou au civil, on peut le mentionner ouvertement dans la discussion pour discréditer son intégrité.
Efficacité : très bonne, mais pas très morale. A n’utiliser qu’en dernier recours.
9. Le triomphe proclamé
Une autre piste pour avoir le dernier mot consiste à précipiter la conclusion. Lorsque votre argumentaire marque quelques points, vous pouvez choisir de tricher en les additionnant pour établir un lien logique qui n’existe pas. Ce stratagème repose sur les capacités logiques et l’égo de votre adversaire. S’il n’est pas sûr de sa capacité à raisonner il cherchera probablement à préserver les apparences en admettant votre point de vue, plutôt qu’en reconnaissant qu’il ne comprend pas ce lien logique fictif qui devrait être si évident.
Exemple:
Puisque tu es d’accord avec moi sur sur la supériorité physique de l’homme, et la supériorité émotionnelle de la femme tu ne peux plus reculer. L’égalité homme femme est un non sens. On cherche à remettre en cause notre vraie nature.
Efficacité : Très bonne si votre adversaire n’a pas l’esprit affuté.
Si vous maitrisez ces quelques stratagèmes vous pourrez vous considérez comme plus efficace que 70% de la population. Les 30% restant contenant principalement des commerciaux ou des politiciens. Mais être meilleur que 70% des gens ne vous permettra pas d’avoir TOUJOURS raison. Pour atteindre la palier suivant nous allons explorer des outils beaucoup plus élaborés et efficaces. Ils ont été mis au point grâce à l’une des sciences en communication les plus efficaces de notre époque : la PNL.
Pour cela, je vous donne rendez vous dans un semaine pour notre prochain happy Friday consacré à l’art d’avoir toujours raison. Et cette fois si, revenez avec votre cape de super héro et un tube d’aspirine. L’objectif avoué : vous retourner le cerveau.
Et vous quels sont vos stratagèmes pour avoir toujours le dernier mot?
Déjà 10 commentaires de qualité. Et vous?
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« Dans le doute, abstiens toi. »
Le cas du « triomphe proclamé » est à double tranchant (affuté dans les deux cas).
Si jamais l’adversaire est justement vif d’esprit, le risque est qu’il retourne notre argumentation boiteuse contre nous et qu’il parvienne à nous discréditer.
Merci pour cette remarque judicieuse.
J’ajouterai que c’est un risque qu’il faut savoir prendre parfois. Et surtout il ne faut pas avoir peur d’avancer un argumentaire qui va contre la logique.
Le meilleur exemple étant les mindfucking, qui bien que complètement irrationnels, sont extrêmement efficaces pour déstabiliser un adversaire. Ils sont ici un complément idéal d’un triomphe proclamé qui ne passerai pas comme prévu.
Mais je réserve ce genre d’approche pour la semaine prochaine, car c’est déjà plus avancé. Il faut d’abord se concentrer sur les bases avant de vouloir atteindre les sommets.
Votre article parle de dialectique euristique, cela n’a rien à voir avec la véritable dialectique au sens noble du terme.
Pour l’exemple n° 8… Un bel exemple d’échec.. lors du clash entre Bayrou et Conhn Bendit !!

Pour le reste.. c’est plutôt intéressant.
Dans une vie où le but est le pouvoir, avoir raison peut servir, oui. Mais la recherche du pouvoir devrait-elle être un but dans la vie ? Est-ce que ça a déjà rendu quelqu’un heureux ?
Dans une vie où le but est la sagesse de l’esprit, avoir raison est contre-productif : En effet, celui qui a tort est le seul gagnant d’une conversation, puisque lui seul a appris quelque chose.
Avoir raison est le meilleur moyen de s’enfermer dans sa tour d’ivoire, avec l’illusion de détenir la vérité.
Et si un raciste apprenait à avoir toujours raison ? Et si un assassin apprenait à avoir toujours raison ? Ou pire : Et si une femme apprenait à avoir toujours raison ?
« La vérité objective est en effet rarement atteinte. Bien souvent ce sont les vérités subjectives les mieux exposées qui prennent le pas sur les autres. » Doit-on comprendre : Le chemin vers la vérité est très dur, très long, et il est donc plus facile d’être dans le faux mais de savoir bien présenter ses arguments (comme les sophistes) ? Si oui, ça me semble aller à l’encontre du concept de pilule rouge – le choix de chercher à connaître la vérité à tout prix et de ne pas se contenter des présupposés, même si ça doit faire mal – non ?
Beaucoup de questions sans réponses, il était temps que je rentre!
Pour ne pas m’éparpiller Je ne répondrai pas directement à toutes mais vais me concentrer sur le cœur de ton raisonnement : la recherche du pouvoir devrait-elle être un but dans la vie ? Est-ce que ça a déjà rendu quelqu’un heureux ?
Avoir raison est un outil. Ce n’est pas un but. Donc par extension, avoir raison ne permet pas d’être heureux. Avoir raison est un outil pour étendre sa sphère d’influence, son pouvoir de contrôle sur le monde extérieur. Comme tu cherches le lien vers une vie heureuse je vais commencer le début du raisonnement.
L’une des clés d’une vie heureuse est la mise en place d’une bulle ou vous parvenez à recréer VOTRE espace idéal.Etre en accord avec soi-même, partagez votre temps et vos ressources avec vos meilleurs amis, la femme (ou les femmes) de vos rêves. De manière simplifiée un cadre ou vous vous entez réellement bien. Cette bulle dépend de chaque individu, mais elle doit nécessairement être autonome. Pour acquérir cette autonomie, votre bulle doit trouver son énergie vitale. La perfection serait de pouvoir créer cette énergie à partir de rien. Générer de l’argent, des relations épanouissantes en restant dans votre propre bulle. Une sorte de société annexe, indépendante et déconnectée.
Malheureusement c’est un idéal. L’énergie ne se créer pas, elle se transfert. Ici ce transfert doit s’effectuer du monde extérieur (notre société) vers votre bulle. Et c’est précisément à çà que sert le pouvoir : réaliser ce transfert de ressources, de connaissances, de confort.
Un fois que ces ressources sont à votre disposition, il vous restera l’étape la plus importante : les utilisez à bon escient au sein de votre bulle, pour finir un jour (peut être) par vivre heureux.
Merci pour cette réponse qui, à mon grand dam et sans vouloir faire la fine bouche, ne me satisfait pas. Car en bon surhomme, j’ai envie d’avoir raison, moi aussi !
Plus sérieusement, le problème peut être ramené au classique « la fin justifie-t-elle les moyens ? » Il y a ceux qui restent toujours droits, et ceux qui empruntent des raccourcis pas très glorieux. Essayer d’avoir raison lorsqu’on sait qu’on a tort, c’est malhonnête. A t-on jamais vécu heureux à être malhonnête, je n’en sais rien, mais je ne pense pas. Et en tout cas, de mon point de vue, un surhomme ne peut être qu’honnête. Regarde Spider-Man et Superman, par exemple : des mecs très bien.
Et surtout, pour évoluer (et voguer vers le bonheur) il faut bien tirer des leçons, apprendre des choses. Qui a toujours raison n’apprend strictement rien et n’avance donc pas dans son développement. Et le plus sage restera toujours, comme Socrate, celui qui sait qu’il ne sait rien.
Voici un très bel exemple de généralisation. Tu n’est finalement pas si loin d’avoir toujours raison
Il n’empêche que ta démarche est noble. Et j’aimerai que plus de monde ait d’aussi nobles ambitions.
Le fait est que les outils présentés ici ne sont que des outils. Ils peuvent, comme le marteau, être utilisés pour construire… ou pour détruire.
Bonjour,
Près d’une année après, je me permets de répondre aux commentaires précédents.
Je rejoins Benjamin sur sa manière de penser et trouve assez drôle les expressions « bulles », « énergie vitale » de Yann…expressions qui me paraissent trop peu rationnels pour expliquer des concepts très « terre à terre ». Cependant, je ne suis pas là pour critiquer le vocable mais tenter de répondre à Benjamin.
Je n’ai pas lu tous les articles de ce site, cependant pour cet article, je citerai deux auteurs ayant traversé les siècles et qui ont leurs places dans les méthodes de manipulation/influence/avoir raison : Sun Tzu et Machiavel.
Et pour répondre à Benjamin je citerai Sun Tzu :
« Connais ton ennemi et connais-toi toi-même; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux.
Si tu ignores ton ennemi et que tu te connais toi-même, tes chances de perdre et de gagner seront égales.
Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites. »
Et oui, une personne de bonne volonté peut être confrontée au type de techniques cités dans cet article, il est donc vital de les connaitre et les maitriser ne serait-ce que pour les retourner à l’envoyeur et finalement gagner sur le fond et la forme.
[...] semaine dernière nous avons vu quelques règles efficaces de dialectique. Nous avons vu que détourner le sens logique n’est pas bien compliqué. Et que finalement avoir [...]