En route !

Persuadez n’importe qui : 20 techniques indétectables. (2/2)


Exploitez le potentiel de la PNL (et autres) pour avoir le dernier mot

La semaine dernière nous avons vu quelques règles efficaces de dialectique. Nous avons vu que détourner le sens logique n’est pas bien compliqué. Et que finalement avoir raison n’avait que peu de rapport avec la détention de la vérité. Aujourdhui l’objectif est identique : renforcer votre pouvoir de persuasion. Mais le chemin que nous allons employer est beaucoup plus efficace, car indétectable et donc irréfutable : la sous communication.

Mais qu’es ce que la sous communication? Tout simplement “la couche” de sens qui englobe chacune de vos interactions. Si la PNL représente bien plus qu’un agrégat de lettres obscure, vous avez probablement déjà une idée de l’endroit où je souhaite vous emmener aujourd’hui. Dans le cas contraire, ne vous inquiétez pas, chacune des techniques dont nous allons parler seront développées pour les rendre accessibles quelque soit votre niveau. Et surtout, directement applicable après la lecture de cet article.

Cette introduction est encore probablement trop vague pour vous permettre de décider si cet article va réellement vous apporter quelque chose d’utile. Mais j’ai pensé à tout. Nous avons un objectif : être plus persuasif. Nous avons une démarche : utiliser des outils de sous communication. Il nous manque un cadre d’utilisation : bien que je déteste les généralisations hâtives, je doit bien reconnaitre que ce type de stratagème est utilisable virtuellement partout.  Quels que soit le cadre, professionnel, familial, festif… Quel que soit le support de communication, téléphone, écrit, face à face… La seule contrainte, parce qu’il en faut bien une, est que ces stratagèmes nécessitent une plus grande maîtrise.   Mais c’est la rançon d’une efficacité de persuasion indétectable.

La vérité n’est qu’une illusion

Une des notions très importante mise en évidence par la PNL (et par certains philosophes inspirés) est que la réalité n’a rien à voir avec ce que nous en percevons. Nos sens ne permettent que d’accéder à différents reflets plus ou moins déformés d’une réalité inaccessible. Pour aller plus loin sur cette notion, voici un très bon article rédigé par Christophe : la carte n’est pas le territoire. Là où cela devient intéressant, c’est que tout le monde confond ces deux notions. Les gens prennent ce qu’ils voient, entendent, touchent… pour la réalité. Ils ne font en réalité, qu’effleurer son reflet. Exploitons cette particularité dans le cadre de notre objectif : avoir raison. Au sens le plus large et exact, celui qui as raison devrait être celui qui se rapproche le plus de la vérité. Or la vérité absolue n’est qu’une modélisation exacte de la réalité. Mais souvenez-vous, les gens confondent réalité (territoire) et perception de la réalité (carte). Comme il n’est pas possible de changer la réalité en dehors des films fantastiques, il faut se concentrer sur ce qui est malléable. Pour persuader quelque que soit votre message, contexte, interlocuteur : il vous faudra manipuler la carte. C’est ainsi que vous changerez la perception de la réalité, et donc la réalité, à votre avantage. Rassurez-vous, c’est plus simple qu’il n’y parait!

Maintenant que vous comprenez le cadre d’application, découvrons vos nouveaux outils. Ceux qui vont permettront de remodeler les cartes à votre guise.

AU1388-001Notre monde n’est pas si différent de celui de Matrix : notre réalité n’est qu’une interprétation de notre cerveau.

Des outils pour argumenter : changer la perception de la réalité d’autrui

11. Les croyances auto réalisatrices

Avant de parler de technique pure, concentrons nous sur le fond de la question. En effet quelque soit votre niveau de compétence technique en communication il existera toujours un moyen de rendre votre discours plus convaincant, plus percutant. Et cette approche est bien plus simple que vous ne l’imaginez : c’est de croire à ce que vous racontez. Vous êtes surement en train de vous dire que c’est une évidence, voire une banalité. Mais c’est avant tout une banalité cruciale et extrêmement puissante!

12. Mais, bien que.

Ce stratagème, fait appel au processus mis en place par votre inconscient pour analyser les mots. A chaque fois que quelqu’un vous dit le mot “mais” dans une phrase, votre inconscient supprime automatiquement le sens porté par ce qui précède. Pour l’expression « bien que », c’est pareil mais cette fois c’est ce qui suit qui est mis entre parenthèse. Mais alors, c’est pas pareil? Rigoureusement non. Mais votre inconscient vous a probablement fait oublié que j’avais placé un élément incohérent dans ma phrase précédente…

La prochaine fois que vous utiliserez ces connecteurs logiques, réfléchissez au message que vous souhaitez faire passer.  Il peut être intéressant de mettre les éléments discutables avant un “mais” ou après un “bien que”.

13.Les métaphores

Tout le monde à déjà utilisé au moins une fois une métaphore pour faire passer un message. Et vous devriez probablement le faire plus souvent. Tout simplement parce que l’inconscient ne comprend pas grand chose d’autre. Lorsque vous lisez cette article, que vous écoutez quelqu’un, votre inconscient n’utilise pas les mots que vos sens interceptent. Il ne les comprend pas. En revanche il accède aux images que le cerveau extrait de ces successions de mots. Lorsque je vous parle d’un coucher de soleil sur la plage, profitant de la chaleur du sable et du bruissement des vagues, votre cerveau compose une image, dans laquelle se plonge votre inconscient. Mais si vous preniez le pas sur le cerveau de votre interlocuteur? Vous savez avec ce genre de métaphore qui permet de rendre crédible la plus inutile des banalité. Forest Gump en est un exemple avec son célèbre : “La vie, c’est comme une boite de chocolat. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.“ Cette phrase sans la métaphore associée est stupide. Mais avec la métaphore notre inconscient y trouve son compte. On y plaque la vérité qui nous correspond (la vie est pleine de surprise/la vérité est pleine de désillusions/la vérité est pleine d’opportunités) et cette banalité devient un argument d’une précision remarquable… pour l’inconscient. Le genre de technique qui peut vous permettre de passer pour un expert dans à peu près n’importe quel domaine. Diabolique.

88748391Laissez l’imaginaire de votre interlocuteur travailler. Il pensera que vous avez su trouvez les mots justes…

14. Changer de perspective

Mange ta nourriture, il y en a dans le monde qui meurent de faim.

Ca vous dit quelque chose? Probablement. Et si les parents du monde entier utilisent ce genre de changement de perspective, c’est également parce ce stratagème à fait ses preuves. C’est une mise en application simple du principe de réalité subjective que l’on a déjà abordé plus haut. Vous n’avez pas raison dans le contexte actuel, changez ce contexte. Seule inconvénient d’un stratagème aussi simple à mettre en œuvre, c’est qu’il est également simple à détecter. Mais il reste toujours pratique de l’avoir sous le coude.Alors pourquoi se priver?

15. Mettre en valeur les conséquences

Encore un classique qui a déjà fait ses preuves. Faire passer la pilule en mentionnant les avantages qu’elle représente.

Bien qu’il soit difficile d’étudier pour tes examen, tu en tirera d’énormes bénéfices

L’utilisation du “bien que “n’est ici pas anodine.

16. Mettre en valeur l’intention

Tout le monde cherche à agir pour de bonnes raisons (en tout cas de, bonnes pour eux).  Il peut être judicieux d’utiliser une raison générique pour justifier une action qui vous intéresse. Si quelqu’un n’adhère pas à l’action que vous lui proposez, ce n’est pas l’action qu’il faut justifier mais le processus qui permet d’y arriver.

Exemple :

Un client vient se plaindre que votre produit est trop cher. Une solution pour le mettre de votre côté:

Je pense que vous souhaitez acheter un produit qui présente un bon rapport qualité prix.

Ici, l’action est l’achat d’un produit. L’intention est du client est d’obtenir un bon rapport qualité prix. Vous ne devez pas remettre en cause l’action (en disant par exemple : le prix de ce produit est correct. Donc ce prix ne correspond pas au client.) mais la renforcer en trouvant le bon processus pour la réaliser. Le bon processus est celui qui s’appuie sur l’intention du client : avoir un bon rapport qualité prix. C’est donc sur ce rapport qualité prix qu’il va falloir jouer.

17. La croyance qui se répète à l’infini

Cette technique est perverse, mais c’est pour çà que vous risqueriez de l’aimer. Pour démonter un argument construisez un argument qui fait appel à la structure de cet argument. Si des informatitiens sont parmi nous, on se rapproche d’une argumentation récursive.

Exemple :

A : J’ai réussi à me motiver à faire du sport régulièrement. Mais comme tout ce que je fais cela ne va pas durer.

B : Je vois, donc en ce moment tu penses que tu n’est pas quelqu’un qui tient sur la durée. Tu penses que çà va durer longtemps?

18. Les critères hiérarchiques

Nos critères,  nos croyances n’ont pas tous la même importance. Pour vous il est probablement plus important de ne pas tuer une personne que de ne pas la saluer dans la rue. Partant de ce principe il est possible de réfuter les argument adverses qui se basent sur un principe. Pour cela il suffit de trouver un principe de votre adversaire qui se trouve au dessus du principe employé.

Exemple:

A : Je ne pourrai jamais frapper quelqu’un dans la rue.

B : Très bien. Et si ta vie était menacée, tu attendrai que la situation sa tasse?

19. Reframing : réinterpréter le sens des mots et des concepts

Les mots et surtout les concepts/unité de sens ont rarement une signification unique et absolue. Deux levier d’action existent pour manipuler le sens des phrases pour le retourner à votre avantage. Le premier concerne le reframing, ou changement du cadre de l’unité de sens. En d’autres terme, il s’agit de réinterpréter le sens de ce que vous dit votre adversaire pour le tourner à votre avantage. C’est apporter un éclairage différent à la même situation. L’exemple connu du verre à moitié vide et du verre à moitié plein devrait vous rappeler quelque chose.

Exemple :  contexte, séduction

F : Tu es trop jeune pour moi.

H: Effectivement, tu es trop vieille. Mais je me dis que tu dois avoir de l’expérience, çà vaut le coup de te donner une chance, n’est ce pas?

20. Outframing : changer le contexte des mots

Le contexte d’une discussion est en général aussi important que la discussion en elle-même. Le principe de l’outframing est de changer le cadre de la discussion en prenant de la hauteur. Lorsque quelqu’un arrive avec une idée vous souhaitez réfutez, commencez par vous demander pourquoi cet interlocuteur lance cette idée. L’ouframing consiste à proposer un nouveau contexte plus général qui change ce pourquoi.

Exemple : contexte, séduction

F : Tu me paye un verre ?

H : C’est mignon. Mais tu sais si tu veux que je continue à te parler il te suffit d’être intéressante et spontanée.

Note : Le techniques de reframing et d’outframing sont très efficaces et mériteraient à elles seules un article. Pour ne pas alourdir celui-ci je me concentrerai sur ces notions dans mon prochain article de séduction. C’est en effet dans ce domaine que j’ai le plus eu l’occasion de les utiliser. Et je ne me lasse pas de leur efficacité!

82831875Changez la frame pour changer le sens. Et du coup, tout change…

Voici donc quelques stratagèmes que j’affectionne particulièrement. Certains sont plus facilement utilisables que d’autres. Le point commun est que seule l’expérience vous permettra d’en tirer tous les bénéfices pour votre vie. Une chose est sûre, avoir toujours raison, çà aide.

P.S : N’hésitez pas à pointer du doigt mes erreurs hypothétiques. Je serai ravi d’être de mauvaise foi dans ma réponse!

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Cet article a été rédigé avec amour par Yann
Ancien grand timide devenu expert en Séduction, Yann Arkani a méthodiquement testé tous les courants du monde de la Séduction : Game structuré, Sociologie, Manipulation, Communication, Charisme, Core confidence... Cette vision globale lui permet d'aider de nombreux hommes à exprimer leur plein potentiel de séducteurs.
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  1. Therealdoc dit :

    Article très intéressant !
    Pourrais tu développer les frames dans un ou plusieurs articles sur des thématiques différentes ? Je pense notamment à la séduction (puisque ça te tient à coeur), mais également sur la négociation ou le milieu professionnel …

    Ps : vous vous la pétez grave tous les 2 sur les photos du template mais je dois reconnaitre que ça vous va bien et j’ai été surpris de vous découvrir si « humains » sur la page « notre histoire », comme quoi les techniques de recadrage marchent bien ;)

    • Yann dit :

      Merci, ravi de voir que nos réflexions apportent aux lecteurs!
      Pour les différentes approches, cela ma semble en effet judicieux d’approfondir plusieurs thématiques. Histoire de cerner la puissance d’un reframing bien exécuté. (Encore mieux un outframing qui envoie votre interlocuteur dans une autre réalité).

      Je connais beaucoup plus le contexte de la séduction donc je commencerai par çà. Pour la négociation j’ai quelques expériences concluantes à partager. Notamment la négociation avec les services clientèles, qui est un exercice très intéressant! Et le milieu professionnel, j’y réfléchirai mais je manque d’expérience. Je ne préfère pas m’avancer sur des pistes non vérifiées. A moins que certains aient des pistes à nous faire partager. (Mon mail : pyannossimo (at) gmail (point) com )

      • Loïc dit :

        C’est hors sujet par rapport à l’article (qui est très bon) mais comme Therealdoc le mentionne la photo de template m’intrigue, il me semble qu’en pnl avoir des bras croisés montre un refus de communiquer sa cloche avec l’esprit du site non?

        • Yann dit :

          Remarque néanmoins pertinente!

          En communication non verbale cette posture peut effectivement être interprétée comme une fermeture d’esprit, un repli sur soi. En réalité toute communication non verbale dépend du contexte dans laquelle elle s’exprime. D’autres interprétations possible pour cette même posture : attente, provocation, mise au défi, écoute active…

          Lors du choix des photos toutes ces interprétations possibles m’ont fait grandement hésiter. Le message que je souhaitais faire passer était notre détermination à relever ensemble le défi que nous nous étions lancés au début de cette aventure. En y regardant de plus près tu observera que nous somme loin du repli sur soi et plus proche d’une position de confort.

          Mais tu n’es pas le premier à nous faire part de cette remarque. Lorsque je remettrai la main sur un appareil photo digne de ce nom, ce sera avec plaisir que je plannifierai un séance digne de ce nom histoire d’offrir un nouveau lifting à surhomme.fr avant les fêtes!

      • sidi yacoub dit :

        Concernant le milieu professionnel, j’ai une certaine expérience de négociations. La 1ère chose est toujours de laisser parler la personne puis de lui poser des questions orientées afin de l’emmener sur ton terrain afin de maîtriser la discussion. Très important, la personne doit avoir l’impression de ressentir de la satisfaction d’avoir pu parler librement.

  2. mathieu dit :

    Exemple : contexte, séduction

    F : Tu es trop jeune pour moi.

    H: Effectivement, tu es trop vieille. Mais je me dis que tu dois avoir de l’expérience, çà vaut le coup de te donner une chance, n’est ce pas?

    (suite)

    Au moment ou vous prononcez le mot « vieille » (classé en liste noire des mots à ne pas prononcer):

    a) F vous met un soufflet
    b)F vous jette le contenu de son verre au visage
    c) F se détourne de vous le plus rapidement possible

    Cochez la bonne réponse, un enchainement de 2 ou 3 réponses est toujours possible !

    • Yann dit :

      Ma bonne réponse :
      d)F dé validée, cherche à se requalifier à vos yeux.

      La valeur sociale est l’un des piliers d’attraction pour les femmes. C’est également un enjeu de pouvoir. La vieillesse pour une femme est associée à la dévalorisation de sa beauté physique, principale source de valeur sociale. Une femme à qui l’on ôte aussi brusquement tant de valeur sociale, n’aura pas d’autre choix que de vouloir la récupérer. C’est ce qui la fera rester, vous avez désormais quelque chose qu’elle convoite.

      MAIS parce que je sais les trois premières réponses correspondent à des situations réelles, je vais rajouter l’état d’esprit d’utilisation d’un tel recadrage.
      Le contrôle de la frame, doit être perçu comme un jeu. Elle cherche à prendre le contrôle en vous faisant payer un verre? Amusés, vous la déstabilisé en dé validant ce qu’elle prenait pour acquis.

      A l’inverse, percevoir cette réplique comme source de conflit, implique un état d’esprit négatif. Vous ne cherchez plus à tester son intelligence. Vous cherchez à lui faire du mal. Dans cet état d’esprit l’une de tes trois réponses peuvent constituer une option.

      Finalement aucun mot n’est à placer en « liste noire » en séduction. Par contre certains états d’esprit le sont.

  3. [...] dernier, Yann nous a notamment écrit un article sur la répartie. Dans celui-ci, il nous a expliqué plusieurs techniques qui permet à quiconque d’avoir le dernier [...]

  4. [...] Note : Chaque dose de charisme est offerte avec un bonus de techniques pour avoir le dernier mot [...]

  5. [...] nous avons déjà pu en parler dans l’article sur la persuasion, l’outframing se concentre sur le contexte du message et non sur le contenu. Et c’est justement [...]

  6. Patrick dit :

    Tout cela est fort intéressant…mais votre site est encore actualisé ? Je vous demande ca parce que je le trouve fort intéressant et serais désolé qu’il ait cessé de fonctionner.Patrick

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