En route !

Storytelling : Apprendre l’art de raconter des histoires passionnantes


Comment avoir un audimat pendu à vos lèvres?

Il ne vous est jamais arrivé d’écouter quelqu’un qui raconte de petites anecdotes d’une façon absolument envoutante ? Vous étiez…Comment dire ? Totalement concentré sur son histoire.  Je dirais même que vous vivez son histoire. Vous riez à chacune de ses chutes,  vous l’accompagnez dans son mécontentement et vous ressentez même les émotions des personnages intervenants dans l’histoire.

Et après être ressorti de ce moment d’enchantement, vous vous dites  :  Qu’est ce que j’aimerais raconter mes anecdotes d’une aussi belle manière ? Non?

C’est tout à fait possible. S’il y a une chose qui s’apprend avec l’entrainement, c’est bien l’art de raconter les histoires. Avec un peu de pratique et quelques conseils avisés, votre audimat peut être pendu à vos lèvres en peu de temps en fin de compte. C’est donc avec assiduité que j’ai recherché autour de moi les critères qui transforment une quelconque personne en un individu passionnant et envoutant. Voici les résultats de mes recherches, classés par ordre décroissant d’importance.

Impliquer l’autre pour maintenir l’attention.

Si vous racontez une anecdote à votre interlocuteur,  il devient le spectateur le temps de votre histoire… Nous sommes bien d’accord ? Maintenir l’attention de votre interlocuteur est votre objectif de base.  Sans cela, il est possible que votre histoire ne soit pas écoutée dans son intégralité.  Et si elle n’est pas écoutée entièrement, l’impact de celle-ci sera aléatoire.

Quoi de plus agaçant, quand nous racontons une histoire, que de surprendre l’autre à regarder ailleurs, à se curer le nez voir même à bailler discrètement ?

Quand bien même vous n’êtes pas encore roder au Storytelling, si vous maintenez l’attention jusqu’au bout, vous avez déjà fait une bonne partie du chemin puisque, au moins,  le message est passé. Donc votre premier objectif est de maintenir l’attention de vos auditeurs.

Une très bonne nouvelle,   il n’est vraiment pas difficile de maintenir l’attention.  A l’instar des comiques de scène ou des formateurs en salle, il suffit d’impliquer le spectateur comme acteur potentiel.

Voici quelques pistes :

  • Insérer dans votre histoire de petits apartés qui transforment l’auditeur en acteur direct ou indirect de l’histoire.

Exemple : Vous souhaitez raconter à un ami votre dernière conquête amoureuse

M : J’avais rendez vous avec cette demoiselle. Je me pointe au lieu de rendez vous. Et…Pas de Julie à l’horizon…Le temps passe : 5 minutes, 10 minutes,…Toujours personne. C’est à cet instant que j’ai compris ce que tu avais ressenti avec Cindy. Et là, devine quoi ?  Avec 25 minutes de retard, elle se ramène avec un énorme sourire aux lèvres….Après blabla

  • Si vous n’avez aucun vécu avec votre orateur, il sera plus difficile de l’impliquer dans votre histoire émotionnellement. Plutôt que d’intégrer votre auditeur dans l’histoire, impliquez-le dans l’acte de raconter votre histoire. Chose très simple puisqu’il suffit de poser des questions anodines.

M : J’avais rendez-vous avec cette demoiselle. Je me pointe au lieu de rendez vous. Et…Pas de Julie à l’horizon. Le temps passe : 5 minutes, 10 minutes,…Toujours personne. Je ne sais pas si tu as déjà vécu ça? Et là, avec 25 minutes de retard, elle se ramène avec un énorme sourire aux lèvres….Après blabla

Il n’est vraiment pas difficile de poser une ou deux petites questions anodines lors de votre anecdote. Et dans la majorité des cas, vous maintenez une bonne attention de votre auditeur. Passons au conseil suivant.

chiant

Que votre histoire soit ennuyeuse ou non, en maintenant l’attention, vous serez toujours écouté

Que l’objectif soit clair dans votre esprit

Certainement une chose fondamentale si vous voulez maitriser l’art de raconter des histoires prenantes. Il faut, avant même de commencer l’histoire, décider de l’impact de celle-ci. Qu’est ce que vous souhaitez créer comme ressenti chez vos interlocuteurs.

  • Les faire rire de la dernière situation burlesque que vous avez vécue ?
  • Créer le scandale par rapport à quelque chose que vous avez vu ou vécu ?
  • Créer un sentiment d’approbation par rapport à une de vos idées ?

Raconter une histoire juste pour parler créera beaucoup moins d’impact quand bien même votre histoire est intéressante.

Conscientiser l’impact de votre histoire vous permettra de faire le tri entre les détails intéressants et les détails non intéressants. Une même histoire peut créer un sentiment de révolte comme un gros fou rire, cela dépend de votre façon de la raconter. C’est dans cette démarche que certains personnages politiques parviennent à faire pardonner leurs erreurs passées.

Prenons conscience d’une chose  :  il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises histoires. C’est votre façon de la raconter qui en feront une histoire intéressante ou non.

Expliciter le moins d’émotions pour en créer le plus possible.

Le deuxième conseil le plus important est de ne pas montrer explicitement les émotions que vous voulez faire ressentir à vos auditeurs.

Quoi de plus désagréable qu’un homme qui raconte une histoire en riant de ses propres propos ? A moins que son histoire soit très drôle et alors cela devient pardonnable. Mais nous savons tous qu’un certain type d’humour ne fait pas mouche à tout le monde. Prenons-en bien conscience.

En fait, rire de ses propres histoires démontre de l’insécurité. En riant de notre propre anecdote avant les autres, nous espérons que nos interlocuteurs feront de même par synchronisme comportemental. Nous montrons en fait notre crainte de ne pas faire ressentir  ce que notre histoire devrait faire ressentir aux autres selon nous.

A rire de nos propres histoires, nous devenons comparables aux boites à rire des séries comiques américaine  (le « whahahaha » programmé à chaque fois qu’il y a un gag). En ce qui me concerne, je trouve cela agaçant. Ne faisons pas vivre cela à nos interlocuteurs… Ils n’ont pas été si méchants avec nous.

Bien sûr, il n’y a pas que les rires forcés qui sont agaçants. Il en est de même pour la colère et la tristesse forcées.

Si vous racontez d’un ton ultra colérique votre dernière mésaventure, vos auditeurs feront peut être semblant de se révolter avec vous mais au fond ils penseront que vous exagérez les faits. Alors que, dit d’un ton calme, les réactions seront véritables.

Petite comparaison d’une même histoire racontée sur deux tons différents.

Racontée sur le ton de la colère :

M : C’est trop dégueulasse, j’ai stationné ma voiture sur un parking payant juste devant le tabac. 10 secondes après avoir acheté mon paquet, il y a  ce batard £$¤%*µ  DE FLIC ME FOU UN P….. DE PV. J’EN AI MARRE ! Et en plus, il souriait le salaud !

Auditeur : Ah oui….Scandaleux en effet….

Racontée sur un ton plus calme avec des propos nuancés cela donnerait :

M : Ces  chers messieurs de la police ne font plus dans la mesure. Hier encore, je me suis stationné devant le débit de tabac pour prendre un paquet. Je sors de ma voiture, je rentre dans le tabac, prends mon paquet prêt pour déguster une bonne petite cloppe quand je vois devant moi un policier au sourire narquois glisser un PV sous mon essuie glace.

Auditeur : SANS BLAGUE ? ET QU’EST-CE T’AS FAIT ????

Prenons conscience que quand bien même vous avez un objectif implicite derrière votre histoire, les réactions des auditeurs varient d’une personnalité à une autre. Laissons libre nos interlocuteurs  de réagir à leurs manières.

Switcher entre la perception et l’émotionnel

Votre discours aura d’autant plus d’impact si vous switcher entre la description de ce qui est observable dans votre histoire et le vécu émotionnel des protagonistes intervenants.

  • La description de ce qui est observable donne un cadre précis à votre histoire et permet à vos auditeurs de visualiser la scène et pourquoi pas imaginer les odeurs et  l’environnement sonore.
  • La description du vécu émotionnel des protagonistes, quand à elle, donnent de la profondeur aux personnages qui animent votre histoire. C’est en parlant en terme émotionnel que vous invitez vos auditeurs à se mettre à la place des protagonistes.

Une histoire purement descriptive ne donnera pas de profondeur aux personnages de l’histoire. Et donc, ne créera pas d’intenses émotions

M : Lors de mon dernier séjour au Guatemala, j’aperçu au loin un aigle royae. Il planait au-dessus de cette mer bleu turquoise et s’approchait de plus en plus de moi. Jusqu’au moment où il déploya ses grandes ailes et vint se poser à 10 mètres de moi. Son regard me fixait.

Comme vous pouvez le constater, nous visualisons le cadre de l’histoire mais nous restons sur notre faim. Nous visualisons le décor mais nous aimerions un ressenti associé du protagoniste.

decor

Un beau décor sans protagoniste restera juste qu’un beau décor

Une histoire purement émotionnelle

M : Lors de mon dernier séjour au Guatemala, j’admirais la beauté du paysage. Et c’est alors que surpris,  j’aperçu un aigle qui planait dans ma direction.  Au fur et à mesure qu’il s’approchait de moi, je ressentais une peur qui grimpait petit à petit. Cette crainte se transforma en terreur quand il vint se poser à coté de moi. Je n’osais plus bouger.

Nous vivons l’histoire d’un point de vue émotionnel mais le cadre est imprécis. Nous aimerions pouvoir visualiser dans nos têtes la beauté du décor. Et à moins d’avoir déjà été au Guatemala, nous ne pourrons pas visualiser la scène. En associant les deux histoires, elle peut devenir très intéressante à écouter.

Note: Je ne suis jamais allé au Guatemala et je ne sais pas s’il y a des aigles là-bas ;-) .

heros

Avec un décor plus nette, cette histoire (d’amour?) pourrait être passionnante !

User et abuser des images, métaphores et analogies

Ah !  L’usage de figure de style dans votre discours. Nous ne sommes pas tous des orateurs littéraires nés, donc nous nous limiterons à  l’usage des comparaisons et métaphores pour ce premier billet sur le Storytelling. Quand nous racontons une histoire que nous avons vécue, nous connaissons tous les détails de celle-ci. Ce qui n’est pas le cas de vos auditeurs. Certains passages de votre histoire semblent difficile à faire comprendre. Je citerai notamment :

  • Certains vécus émotionnels.
  • Certains comportements (qui prendraient 10 minutes à être décrits). Par exemple, si vous racontez que vous avez aperçu un homme complètement dingue qui s’agitait dans tous les sens. L’usage du terme « pile électrique » sera compréhensible par tous et évitera une description trop longue
  • L’intensité d’une sensation.

Les analogies et les métaphores deviennent alors un bon moyen d’éclaircir ces zones d’ombres.

M : J’étais en train de prendre un verre avec mes nouveaux collègues de travail que je ne connaissais pas encore. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que l’un d’entre eux nous raconte les quelques histoires bigaresques de sa semaine. Alors que j’étais en train de tomber amoureux du sosie de Taylor Swift adossé au bar, je sentis une tape sur mon épaule. Je recentre mon regard vers notre table. Ils me regardaient tous. L’un d’entre eux dit : Et toi, dis-nous la chose la plus dégueu que t’as fait avec une fille ?

Mon visage était sans expression. C’est dans ce genre de moment que je me dis que j’aurais mieux fait d‘être ermite dans une grotte

Yann en avait déjà parlé dans son  article sur l’art de la dialectique. L’usage de métaphores et d’images sont de très bons raccourcis pour décrire certains concepts difficiles à expliquer. Ils permettent aussi de rendre l’anecdote plus fluide et agréable à écouter puisqu’ils suggèrent des images et des sensations plus faciles à comprendre que de longues descriptions.

Usage d’un ton. Mettez-vous dans la peau d’un personnage et choisissez le niveau de discours

Mon dernier conseil sera plutôt une astuce pour vous aider dans votre discours.

C’est une technique utilisée en théâtre d’improvisation : vous mettre dans la peau d’un personnage charismatique.

Pour un type d’histoire particulier, mettez-vous dans la peau d’un personnage qui amplifiera l’impact souhaité. Vous mettre dans la peau d’un personnage élimine les incertitudes concernant la manière de raconter votre histoire. Eliminer ces inconnus vous permet de vous concentrer sur la façon de gérer les pauses, le ton de votre voix et les détails de l’histoire.

Voici quelques exemples :

  • Raconter le dernier scandale que vous avez vécu ->Pourquoi ne pas essayer le ton employé par Tyler Durden de fight club?
  • Tourner en dérision une situation que vous observez -> La voix off des documentaire animalier de France 5
  • Raconter votre dernière conquête amoureuse en terme macho -> Discours de San Antonio
  • Raconter votre dernière conquête amoureuse en terme romantique ->Roméo dans le film Roméo et Juliette

Bien sûr, selon l’impact que vous désirez créer, les personnages peuvent être multiples. Ce que je vous propose sont des exemples que j’utilise et qui en général font mouche auprès de mes interlocuteurs. Mais cela fonctionne avant tout avec ma personnalité. En général, les personnages de film que vous admirez le plus sont de très bonnes idées pour choisir le ton avec lequel vous racontez votre histoire.

Il y a bien sûr d’autres conseils pour apprendre à raconter de bonnes histoires.  Mais là, je viens juste de remarquer que mon billet est déjà bien assez long.  Si vous avez aimé ce billet, je réécrirai une suite sous forme d’un boot camp pour apprendre avec nous à maitriser l’art de raconter des histoires vivantes et passionnantes.

aventure

Vous avez maintenant la possibilité de transformer votre quotidien en une suite épique d’anecdotes et d’aventures passionnantes.

A nos claviers!


Cet article a été rédigé avec amour par Christophe
Ses 6 années de découvertes, de réflexions et pratique intensive lui ont permis de relever de nombreux défis : coach PNL certifié, diplôme d'une grande école, séducteur expert, pratiquant du sommeil polyphasique, créateur d'entreprise... Il partage aujourd'hui ses réussites sur Surhomme.Fr en devenant le responsable du pilier dynamique de vie.
Tous ses articles

Pour aller plus loin, quelques articles sur le même thème :

  1. Bootcamp Storytelling
  2. Apprendre à séduire, pourquoi faire ?


  1. Seb dit :

    un bootcamp storytelling ? ça c’est une bonne idée ! je prends !

  2. Thomas dit :

    très intéressant ton article.

    On ne se rend pas compte de tout ce qu’il y a derrière une bonne histoire! Mais comme pour tout, il y a chez qui c’est naturel, veinards!

    Je vais essayé de mettre cela en pratique dès demain et j’attends également le bootcamp avec impatience!
    Voiçi le dernier article de Thomas : Charisme et contexte

  3. [...] En ce Happy Friday, je vous propose un Bootcamp sur le Storytelling. Pour ceux qui découvrent  le terme Bootcamp, il s’agit d’une suite d’exercices permettant d’aiguiser par la pratique un comportement bien précis. Le Bootcamp qui suit s’adresse donc aux personnes souhaitant améliorer leurs aptitudes à raconter des histoires passionnantes. Pour les nouveaux arrivés, je recommande la lecture de l’article sur l’art de raconter des histoires passionnantes. [...]

  4. Big Bizoux dit :

    Salut,
    D’abord merci pour ton article.
    Je souhaitais rebondir sur ton aparté sur les gens qui rient à leurs propres blagues : j’en fais partie et c’est une remarque que j’entends beaucoup mm si on ne me l’a jamais adresséee personnellement.
    En effet, ne penses tu pas que rire à ses propres blagues est plutôt un signe de liberté d’esprit et d’assurance : on n’a pas besoin de l’approbation des autres (de leurs rires) pour trouver que ce que l’on a dit est drôle. Que cela les fasse rire les autres non, on s’en fiche, nous ca nous fait rire : c’est le principal.

    En tout cas c’est mon cas, c’est pour cela que je ris à mes propres blagues en me fichant de ce que les autres en pensent : je les fais avant tout pour m’amuser moi même.

    Mon auditoire interprète t il cela à tort comme de l’insécurité? Qu’en penses tu?

    • Christophe dit :

      Salut Big Bizoux.

      Ta remarque est intéressante. Je connais aussi un ami qui rit de toutes ses histoires. Néanmoins, on lui a rarement reproché puisque ses histoires amusent très souvent la galerie.

      Il est certain que si tu ris de tes remarques avec un état d’esprit « je trouve ma remarque vraiment drôle », ton rire s’affichera comme une sacré preuve d’affirmation.

      Si tu es certain que tu ris par plaisir et non par envie de communiquer aux autres « allez, rigolez avec moi siouplait » alors pourquoi pas.

      Par contre, pour toutes personnes qui fait une prestation comique, rire de ses propres blagues est tabou et produit en générale l’effet inverse (Imagine Danny Boon ou Gad Elmaleh en train de rire à leurs propres blagues).
      Pour toute personne débutant dans l’art de raconter des histoires, il est préférable qu’il débute sans rire nerveusement de ses propres remarques
      Voiçi le dernier article de Christophe : L’obsession à l’accomplissement et au travail, projet bonne humeur (4/5)

footer